Des cours de français pour les professionnels de la santé

Imaginez la scène : un patient francophone assez âgé s'adresse à une infirmière ayant une certaine connaissance du français. « J'ai mal au cœur », lui dit-il en lui empoignant le bras. Croyant qu'il souffre d'un malaise cardiaque, l'infirmière court chercher un médecin... au lieu de lui offrir un sceau ou de lui indiquer où se trouve la salle de bain la plus proche.
C'est afin d'éviter ce genre de scénarios catastrophes que le Campus Saint-Jean a mis sur pied des ateliers pour que les professionnels de la santé de l'Alberta communiquent mieux avec les patients francophones. « Ces ateliers, sous forme de dîner-causerie, s'adressent aux anglophones possédant un certain niveau de français, mais qui ont fait leurs études en santé en anglais », explique Lisette Trottier, facilitatrice. De fait, leurs connaissances des termes médicaux en français sont déficientes.
Pour remédier au problème, et pour faire pratiquer les professionnels de la santé, différents thèmes sont traités, sous forme de jeux de rôle et de discussions. « La consultation, les maladies et les désagréments, le diagnostic, les examens médicaux, le vocabulaire de l'hôpital, etc., font partie des thèmes abordés », détaille-t-elle.
Recevoir des soins de santé en français en Alberta, est-ce si important?
« Oui, tout à fait », répond Lisette Trottier. À son avis, sans une bonne communication orale, non seulement le personnel soignant peut-il mal comprendre les conditions de santé des patients, mais ces derniers peuvent peiner à assimiler les diagnostics, la posologie et les traitements. En fin de compte, cette incompréhension mutuelle peut occasionner des coûts et engorger le système de santé inutilement.
Plusieurs chercheurs se sont d'ailleurs penchés sur cette problématique, dont Sarah Bohen, B. A., M. Sc, auteure d'une étude sur les barrières linguistiques dans l'accès aux soins de santé. « Les prestateurs de soins de santé ont avantage à parler la langue de leurs patients s'ils veulent avoir un réel impact sur la santé de ceux-ci », avertit-elle.
C'est dans cette optique que les cours offerts par le Campus Saint-Jean ont été élaborés. « Outre le langage médical, on essaie de faire découvrir la culture francophone aux étudiants, car il est toujours plus facile de parler avec quelqu'un qui nous comprend culturellement », estime Lisette Trottier. L'accent est également mis sur les verbes et les chiffres, ce qui reflète les besoins de ceux qui veulent perfectionner leur français.
Consultez le site http://www.uofaweb.ualberta.ca/cerf pour plus de détails.








